prêtre Serge Model

L'EGLISE ORTHODOXE EN BELGIQUE
des origines à nos jours [1]

L'Eglise orthodoxe en Belgique, comme dans les autres pays occidentaux, se trouve dans une situation que l'on a pu qualifier de "paradoxale" [2] ; alors que nombre de nos contemporains manifestent un certain intérêt vis-à-vis de l'Orthodoxie, sa spiritualité, son esthétique liturgique ou iconographique, … et que l'Eglise orthodoxe a été reconnue en 1985 par l'Etat belge comme culte officiel (au même titre que les cultes catholique, protestant, anglican, israélite et musulman), on peut constater un manque de connaissance évident, non seulement parmi la population environnante, mais souvent parmi les orthodoxes eux-mêmes, des destinées de celle-ci. Il convenait, dès lors, de tenter d'en donner un aperçu.

1. Les origines

 C’est dans la seconde moitié du XIXe siècle que l’on trouve, pour la première fois dans l'histoire moderne [3] , un lieu de culte orthodoxe en Belgique. En effet, c’est en 1862 qu’une première chapelle orthodoxe fut établie à Bruxelles, auprès de l’ambassade russe [4] . Dédiée à saint Nicolas, cette église "diplomatique" sera installée en 1876 dans une maison de la rue des Chevaliers (à Ixelles) [5] , où elle se trouve encore aujourd’hui.  Desservie par des prêtres envoyés de Russie (dont le premier fut le père Nicolas Belorossoff) [6] , cette première église orthodoxe en Belgique restera, de nombreuses années durant, le seul lieu de culte dans le pays.

Ce n’est qu’en 1900, en effet, qu’une deuxième église vit le jour en Belgique : elle fut créée dans la ville portuaire d’Anvers pour les marins et les commerçants grecs [7] . Placée sous le vocable de l' "Annonciation de la Mère de Dieu", elle eut comme premier recteur le père Gennadios Themelis. Une autre église grecque sera ouverte à Bruxelles en 1926 : installée dans une maison de la rue de Stassart (à deux pas de l’église russe de la rue des Chevaliers) par "l'association des dames hellènes", et dédiée aux saints archanges Michel et Gabriel, elle constituera longtemps la principale paroisse grecque en Belgique [8] .

L’essentiel de la présence orthodoxe en Belgique allait cependant provenir non tant de ces premiers établissements que des diverses émigrations du XXe siècle qui créeront la fameuse "diaspora" orthodoxe. La première fut évidemment l’émigration russe consécutive à la Révolution.

2. L'Emigration russe

La Révolution russe de 1917 et la guerre civile avaient en effet amené plus d’un million de Russes à émigrer, dont un certain nombre [9] arrivèrent en Belgique [10] . Là où elles existaient, les églises orthodoxes devinrent tout naturellement des centres de ralliement. L’émigration, souffrant profondément de ces terribles bouleversements, perdue dans un monde occidental qui lui paraissait étranger, endurant les privations et la détresse, tendait de toutes ses forces vers l’Eglise : dans l’immense naufrage qui venait de s’accomplir, celle-ci lui apparaissait comme le seul témoin encore debout de la patrie perdue et l’unique refuge [11] . A Bruxelles, l’église de saint Nicolas ne désemplissait pas : pendant la Semaine Sainte, les confessions se prolongeaient bien au-delà de minuit, et le clergé avait fort à faire pour soutenir les fidèles [12] .

Dans les années qui suivirent, le nombre croissant de Russes en Belgique amena à la création d’autres paroisses dans le pays. Ce fut d’abord dans la cité universitaire de Louvain, où des étudiants russes avaient été admis grâce à la bienveillance du cardinal Mercier [13] , qu’une chapelle fut installée. D’autres églises furent créées dans les années 1920-1930 à Anvers [14] , à Charleroi [15] , à Gand, à Liège et dans le cadre de l’orphelinat russe à Namur [16] . Installées dans des maisons particulières, des entrepôts ou des garages, ces petites chapelles étaient desservies par un clergé issu de l’émigration russe, parmi lequel on peut citer les pères Pierre Izvolsky (ancien haut-fonctionnaire impérial et frère du ministre russe des Affaires étrangères) [17] , Georges Tarassov (futur archevêque à Paris), Vladimir Féodorov, André Nassalsky, Paul Golychev (futur archevêque de Novossibirsk) ou Valent Romensky.

C’est à cette époque que sont apparus les premiers problèmes "juridictionnels" de l’Eglise russe dans l’émigration. Il n’y a évidemment pas lieu, ici, d’envisager dans le détail cette histoire tragique et complexe qui fut celle de la division de l’Eglise russe à l’étranger.  Ce qu'on peut dire, c'est qu'elle fut douloureusement ressentie en Belgique, comme partout ailleurs.

Les divisions "juridictionnelles" touchèrent le pays de la manière suivante : dès 1926-27, des paroissiens de l’église St. Nicolas estimèrent qu’il fallait rompre avec le métropolite Euloge (Gueorguievski) – alors l'"ordinaire" des églises russes en Europe occidentale, d'abord sous Moscou, et à partir de 1931 sous Constantinople –, et suivre les évêques du "Synode hors-frontières" qui, autour du métropolite Antoine (Khrapovitsky), revendiquait la direction de tous les orthodoxes russes hors de Russie. N’ayant pas obtenu gain de cause, ils créèrent sous l’autorité du Synode leur propre paroisse à Bruxelles, celle de "la Résurrection" [18] . Desservie notamment par les pères Vassili Vinogradov et Alexandre Chabachev, puis Tchedomir Ostojic, celle-ci déménagera plusieurs fois [19] avant de s’installer à la rue des Drapiers (à Ixelles), où elle se situe aujourd’hui.  En 1936, la même juridiction commencera à construire dans la capitale une église véritable.  Erigée et décorée dans le style russe du XVIe siècle par des architectes et des iconographes de renom, cette très belle église (située avenue de Fré, à Uccle), dédiée à la mémoire du tsar Nicolas II et de la famille impériale, sera consacrée à St Job en 1950 [20] . Elle sera un temps dirigée par un évêque russe particulier, charismatique mais discuté, Mgr Jean (Maximovitch) [21] et, plus tard, par le père Dimitri Khvostov. 

A l'exception de ces deux paroisses [22] , les autres églises russes du pays continuèrent à dépendre du métropolite Euloge [23] , et, dès 1929, de son auxiliaire sur place, Mgr Alexandre (Némolovsky) [24] . A l’arrivée de ce premier évêque orthodoxe en Belgique, la paroisse de St. Nicolas devint pour les orthodoxes, "paroisse-cathédrale", et Bruxelles, "siège épiscopal". L’Etat belge confirma la situation : un arrêté royal de 1937 reconnut au diocèse le statut d’ "établissement d’utilité publique" et à son supérieur le titre d’"archevêque orthodoxe russe de Bruxelles et de Belgique" [25] .

3. La guerre et l'aprEs-guerre

Durant la seconde Guerre Mondiale et l’occupation de la Belgique par les Allemands, les communautés orthodoxes du pays vécurent des heures difficiles : alors que certains se comportaient en résistants véritables (l’archevêque Alexandre fut arrêté par la Gestapo en 1940 et déporté en Allemagne), d’autres souhaitèrent la victoire d’Hitler qui, pensaient-ils, allait libérer la Russie du bolchevisme [26] . 

Dès lors, certaines paroisses cessèrent pratiquement de fonctionner. D’autres échappèrent de peu à la destruction : à Liège, par exemple, un soir de 1944, une bombe volante allemande détruisit la maison ou se trouvait l’église, dédiée aux SS. Alexandre Nevski et Séraphin de Sarov. Ce soir-là, devait avoir lieu un office, mais le prêtre était malade et ne put célébrer. Les paroissiens qui, autrement, auraient été présents dans l’église échappèrent ainsi à la mort. De plus, alors que le bâtiment avait été détruit, l’espace du sanctuaire ne fut pas touché : l’iconostase, bien que renversée par l’explosion, était également intacte. On crut au miracle ! La communauté se ressaisit et commença à édifier une église véritable, en style russe ancien, à cinq petites coupoles de bronze, et qui sera consacrée en 1953 [27] .

Après la seconde Guerre Mondiale, l’aspect de l’Eglise orthodoxe en Belgique se trouva profondément modifié. Tout d’abord, l’église bruxelloise de St. Nicolas, sous la direction de Mgr Alexandre revenu de captivité, réintégra en 1946 la juridiction du patriarcat de Moscou, alors que les autres paroisses russes (hormis celles du "Synode hors-frontières") refusaient de quitter celle de Constantinople [28] . Ensuite, plusieurs communautés russes (Gand, Louvain) cessèrent, pour des raisons diverses, d’exister. Enfin, à cause de la guerre, de nombreux Russes de Belgique émigrèrent, notamment vers les Etats-Unis. Ces facteurs peuvent expliquer la proportion plus élevée de membres des autres communautés – principalement de Grecs – parmi les orthodoxes de notre pays.

4. L'émigration grecque

En effet, parallèlement à ces transformations au sein des communautés russes, un facteur décisif pour l’Eglise orthodoxe en Belgique fut l’importante immigration grecque, de nature essentiellement économique, dans les années 1950. Son ampleur marqua définitivement la physionomie de l’Orthodoxie en Belgique, et l'importance de la communauté grecque permit au culte orthodoxe d'être reconnu par l’Etat. Accueillis dans le pays afin d’y travailler principalement dans les charbonnages [29] , les Grecs constituèrent immédiatement, par leur nombre imposant [30] , la communauté orthodoxe la plus importante, mais aussi la mieux organisée [31] . Une dizaine de paroisses virent rapidement le jour. Parmi les prêtres grecs actifs à l’époque, on peut citer le père Emilianos Timiadis (par la suite métropolite de Silyvrie), et le père Panteleimon Kontoyiannis.

Cet accroissement du nombre de Grecs en Belgique amena le patriarcat œcuménique à fonder un diocèse dans le pays, comme dans la plupart des pays d’Europe occidentale. C’est ainsi qu’en 1969, le patriarche Athénagoras créa l’ "Archevêché (ou métropole) de Belgique, exarchat des Pays-Bas et du Luxembourg", avec siège à Bruxelles, et nomma Mgr Emilianos (Zacharopoulos) comme premier métropolite. En 1974, Mgr Panteleimon (Kontoyiannis) lui fut adjoint en tant qu’évêque auxiliaire, et lui succéda en 1983 [32] . Plus largement, cette époque fut celle de nombreux changements dans l'Orthodoxie en Belgique, tant par de nouveaux développements que par des mutations internes.

5. DEveloppement et mutations

Parmi ces développements, certains sont liés aux nouvelles personnalités orthodoxes apparues en Belgique dans les années 1960-70, comme Mgr Paul (Golychev), ancien prêtre du pays devenu archevêque en Russie, qui avait dû quitter l’U.R.S.S. en 1976 et était revenu à Bruxelles, où il vécut jusqu’à son décès en 1979. Mais la figure la plus marquante fut sans conteste l’archevêque Basile (Krivochéïne), ancien moine du Mont-Athos et savant théologien, qui avait succédé au métropolite Alexandre en 1960 [33] . Homme de plume, grand connaisseur des Pères de l’Eglise [34] , il n’hésitait pas à intervenir également dans les questions touchant l’ensemble de l’Eglise russe, guidé par une grande honnêteté intellectuelle et une fidélité sans faille à l’Orthodoxie.

D’une manière générale, l’augmentation du nombre d’orthodoxes en Belgique, l’arrivée de nouvelles personnalités comme les évêques cités, de même que l’atmosphère œcuménique naissante, avaient attiré l’attention des autorités. C’est ainsi que des églises catholiques furent prêtées aux orthodoxes, à l’occasion des grandes fêtes notamment : à Bruxelles, l'église catholique de l’avenue de Stalingrad (près de la gare du Midi) fut même acquise par les Grecs : elle est aujourd’hui la cathédrale grecque de Belgique.

Peu à peu, cependant, il devint également nécessaire de témoigner de l’Orthodoxie dans les langues "locales" : pour les Russes ou les Grecs de la deuxième, puis de la troisième génération, les enfants de couples mixtes ou les Occidentaux devenus orthodoxes, le français ou le néerlandais s’avéraient indispensables pour exprimer leur foi. Grâce à la compréhension de plusieurs évêques, comme l’archevêque Basile (Krivochéine) de Bruxelles et l’archevêque Georges (Tarassov) de Paris, quelques communautés francophones ou néerlandophones furent créées dans les années 1960-1970 [35] . On peut ainsi citer, à Bruxelles, la paroisse de la Protection de la Ste Vierge (créée par le père Joseph Lamine à la chaussée d’Anvers, près de la gare du Nord), ou celle de la Ste Trinité et des Sts Côme et Damien (fondée par les pères Pierre Struve et Marc Nicaise et installée dans les années quatre-vingt à la rue Spaak, à Ixelles [36] ). A Gand, il y aura la nouvelle paroisse de St André (père Ignace Peckstadt) [37] , qui se fera une réputation au-delà même des frontières belges.

D’une manière générale, on peut estimer qu’à partir de cette époque, les orthodoxes devinrent mieux intégrés dans la société belge, ce que l’œcuménisme issu de Vatican II venait confirmer. Diverses activités organisées par les communautés (conférences, congrès belges ou internationaux, retraites et week-ends de réflexion, mouvement de jeunesse animé par Dominique Verbeke, sessions de peinture d’icônes, etc.) eurent un certain retentissement. L’intérêt des Eglises orthodoxes traditionnelles se manifesta à travers les visites en Belgique du patriarche Justinien de Roumanie en 1972, et du patriarche Bartholomée de Constantinople en 1993, 1994 [38] et 1996, tandis que la bienveillance des autorités belges fut concrétisée par la visite du roi Baudouin à la paroisse de Gand en 1980, et surtout par la reconnaissance de l’Orthodoxie en tant que culte officiel en 1985.

Grâce à cette reconnaissance, mais aussi à l’action dynamique de diverses personnalités, l’Eglise orthodoxe s’est développée peu à peu, devenant une réalité dans le paysage ecclésial de la Belgique d’aujourd’hui.

6. DonnEes statistiques

On estime généralement qu'aujourd'hui, la Belgique compte entre 70.000 et 80.000 chrétiens orthodoxes [39] , soit moins d'un pour cent de la population. Certains vont jusqu'à avancer le chiffre de 100.000 fidèles, mais cela paraît excessif. En l'absence de tout recensement dans ce domaine, l’évaluation reste de toute manière assez imprécise.

Dans cet ensemble, la communauté grecque [40] constitue l’écrasante majorité (sans doute près des deux-tiers). Elle est suivie, par ordre d'importance, par les Russes ou assimilés, les Ukrainiens, Biélorusses ou Polonais, les Roumains, les Bulgares, les Serbes, les Géorgiens et enfin les Belges ou autres Occidentaux "convertis", tant francophones que néerlandophones. Ces derniers sont estimés à un millier environ.

Quant au nombre de lieux de culte, il y en a aujourd’hui une quarantaine, de types divers (paroisses, chapelles, monastère), répartis sur tout le territoire belge [41] . Ceux-ci sont desservis par cinq évêques résidants dans le pays [42] , 40 prêtres et 11 diacres, appartenant à diverses communautés.

7. Les communautEs aujourd’hui

L’ "archevêché (ou métropole) de Belgique et exarchat des Pays-Bas et du Luxembourg" (diocèse du patriarcat de Constantinople), compte 21 paroisses dans notre pays [43] , et a son siège à Bruxelles. Il est dirigé par le métropolite Panteleimon (Kontoyiannis), assisté des évêques auxiliaires Maximos (Mastichis) [44] – en charge des Pays-Bas – et  Athénagoras (Peckstadt). Exarque de Constantinople pour le Benelux et, à ce titre, "premier" évêque orthodoxe du pays, Mgr Panteleimon représente également l’Eglise orthodoxe auprès des autorités belges [45] .

Les paroisses grecques du diocèse sont assez vivantes, tout en s'efforçant de préserver leur identité linguistique et culturelle. Les liens privilégiés avec la "Mère-Patrie" de ceux qui sont – somme toute – d'immigration relativement récente, voire qui séjournent dans le pays pour une brève période [46] , et le sentiment souvent "national" de leur ferveur liturgique limitent quelque peu l'ouverture de la communauté grecque, tant à la réalité occidentale qu'aux autres orthodoxes [47] . Plusieurs paroisses existent cependant au sein du diocèse, qui témoignent d'une progressive adaptation de celui-ci. Il faut évidemment citer ici la paroisse de Gand, fort connue et active (et qui a récemment construit une "véritable" église, avec coupole), et les paroisses de Courtrai [48] , Bruges [49] , Bruxelles (une jeune paroisse dynamique) et Namur qui, célébrant toutes dans les langues locales, sont mieux enracinées dans la société belge contemporaine. Le responsable de ces communautés "occidentales" est Mgr Athénagoras (Peckstadt – fils du père Ignace), évêque auxiliaire du métropolite. Une expérience intéressante, enfin, est menée dans la paroisse grecque de Péronnes (Binche) qui tente depuis quelques années de transposer en langue française la tradition et les chants d'origine byzantine.

Le diocèse belge du patriarcat de Moscou ("archevêché de Bruxelles et de Belgique") compte 10 paroisses ou chapelles [50] , dont un monastère et un couvent.  Situé à Pervijze, près de Dixmuide (côte belge) et dédié à la "Mère de Dieu, consolatrice des affligés", le monastère, que dirige le père Thomas (Jacobs), constitue la première institution monastique orthodoxe sur le territoire belge [51] . La seconde s'est ouverte en 2000 : le couvent dédié à la "Mère de Dieu Portaïtissa" (gardienne de la porte) à Trazegnies (près de Charleroi), dirigé par mère Lydia. Le diocèse est présidé depuis 1987 par l’archevêque Simon (Ichounine) (successeur de l’archevêque Basile) qui est aussi en charge, provisoirement, du diocèse du Patriarcat aux Pays-Bas. Les paroisses comprennent un certain nombre de Russes, mais aussi de nombreux Biélorusses, Ukrainiens ou Polonais orthodoxes, ainsi que des Belges ou autres Occidentaux. Les offices y sont célébrés en slavon, français ou néerlandais, selon les communautés. L'église de la Sainte Trinité, stavropégie du patriarcat de Moscou [52] , a ouvert ses portes en 2002 à Bruxelles, dans le cadre de la représentation du Patriarcat auprès des institutions européennes [53] . La reine Paola l'a visitée le 19 janvier 2002.

L’ "exarchat des paroisses orthodoxes d'origine russe en Europe occidentale" (obédience du Patriarcat œcuménique) que présidait jusqu’en 2003 l’archevêque Serge (Konovaloff) [54] rassemble 4 paroisses, réparties à travers la Belgique [55] . Les offices y sont célébrés en slavon, français ou néerlandais, selon les cas. Mgr Serge, qui fut longtemps prêtre à Bruxelles, n’hésitait pas à revenir régulièrement en Belgique pour visiter ses communautés.  Il en sera sans doute aussi ainsi pour son successeur Mgr Gabriel (De Vylder), qui jusqu’à son élection, desservait la paroisse de Liège et était en charge du vicariat du Benelux de l’Archevêché [56] .

Deux paroisses, dont nous avons précédemment parlé, relèvent de l’ "Eglise russe hors frontières".  Composées de Russes âgés, mais aussi de nouveaux fidèles d’origines diverses, elles dépendent aujourd’hui de l’évêque Agapit (Gorachenko) [57] , qui réside en Allemagne.

Dans l’ensemble, les églises russes ou d’origine russe – aussi bien celles du Patriarcat de Moscou que de l’Archevêché d’Europe occidentale ou de l’Eglise hors-frontières – rencontrent parfois aussi les problèmes identitaires déjà évoqués pour les Grecs, mais dans une moindre mesure. Réunissant (du moins jusqu'à l'arrivée récente de la nouvelle vague d'immigration de l'Est européen) des fidèles intégrés de longue date dans la réalité belge, ces communautés avaient notamment appris à utiliser différentes langues au cours des célébrations, et à tenir compte plus directement de l'environnement dans lequel elles se situent. L'afflux massif de nombreux émigrés d'Europe orientale [58] peut cependant amener des changements dans cet état des choses.

Parmi les autres communautés, il faut encore citer les deux paroisses roumaines (une à Bruxelles et une à Anvers), une paroisse bulgare et une paroisse serbe (toutes deux à Bruxelles), qui dépendent de leurs "Eglises-mères" respectives, par l’intermédiaire de diocèses couvrant l’Europe occidentale et dont les sièges sont situés hors de notre pays [59] .

Il y a, enfin, trois paroisses de l’"Eglise ukrainienne en exil" [60] (dont une belle église, construite en style baroque ukrainien, à Genk dans le Limbourg), dirigées par l’évêque Ioan (Derewianka), résidant à Genk.  Bien que reçues il y a quelques années dans la communion du Patriarcat œcuménique, elles restent à l’écart des autres communautés orthodoxes du pays.

8. Organisations

Dans l’ensemble, malgré l'absence d’organe de coordination au niveau de l'épiscopat orthodoxe en Belgique [61] , les liens entre les communautés sont fraternels. L’une des manifestations en est certainement la célébration en commun du "Dimanche de l’Orthodoxie" qui rassemble annuellement à Bruxelles des représentants de l’ensemble des juridictions.

D’autres signes peuvent être perçus dans les organisations "panorthodoxes" (comme la  "Fraternité orthodoxe de Bruxelles" ou le mouvement de jeunesse orthodoxe "Syndesmos"), où collaborent des orthodoxes de diverses appartenances, ou dans les événements organisés en commun (comme les congrès orthodoxes belges de Bruges-Maele en 1972, Natoye en 1977 et Blankenberge en l'an 2000, et ceux d’Europe occidentale, organisés en 1983 à Gand [62] et en 1993 à Blankenberge [63] , ou les week-ends annuels de rencontre à Ermeton-sur-Biert). Des ouvrages ou des revues réalisés ensemble [64] viennent également s’ajouter aux traditionnels bulletins paroissiaux des communautés.

9. Relations oecumeniques

Les relations œcuméniques ne sont pas oubliées non plus des orthodoxes en Belgique : des orthodoxes sont présents à l’ACAT, à "Œcuménisme et Paix", à "Pax Christi" et au Comité interecclésial de Bruxelles, qui organise notamment les réunions de prière pour l’unité des chrétiens. En 1989, un organe officiel de "Concertation d'Eglises chrétiennes" a même été constitué au niveau national, qui comprend de jure quatre représentants par Eglise en vue d'un témoignage commun. La présence orthodoxe dans ce domaine reste cependant insuffisante, même si elle peut s'expliquer par le caractère assez minoritaire du christianisme orthodoxe dans notre pays [65] . Des relations cordiales ont, enfin, été nouées avec des communautés catholiques belges de rite oriental, comme le Foyer oriental, les communautés de St. Jean le Précurseur ou de la Théophanie à Bruxelles, le monastère de la Résurrection à Vedrin ou l’Abbaye de Chevetogne [66] .

10. Situation légale

Ce "panorama" de l’Orthodoxie en Belgique n'aurait pas été complet sans une mention de la situation légale en la matière, esquissée supra. En 1985, en effet, l’Eglise orthodoxe a été reconnue par l’Etat belge en tant que culte officiel, au même titre que les cultes catholique, protestant, anglican, israélite et islamique [67] . Cette reconnaissance légale, complétée par des arrêtés d’exécution en 1988 [68] , accorde des droits aux orthodoxes de Belgique, et leur impose des devoirs [69] .

Les droits obtenus sont liés à la reconnaissance, par l’Etat, de paroisses déterminées, avec traitement pour leurs desservants ; à la possibilité d’intervention dans les médias (radio et télédiffusion d’émissions orthodoxes), dans les hôpitaux ou les prisons, et à l’organisation, à côté des religions (catholique, protestante, israélite, ...) déjà existantes, de cours de religion chrétienne-orthodoxe dans les établissements d’enseignement public (créés dès l'année scolaire 1988-89 en Flandre, ces cours sont dispensés depuis 1997 dans la partie francophone du pays) [70] . Les devoirs imposés sont non seulement de respecter les conditions d’application de ces dispositions, mais aussi de comprendre que les gestes posés par la communauté orthodoxe auront désormais un écho dans l’ensemble de la société belge.

11. L’avenir

Comme celui de toutes les communautés chrétiennes, l'avenir de l'Eglise orthodoxe en Belgique est dans les mains de Dieu.

D'un point de vue humain, on peut lui souhaiter d'évoluer dans le sens d'un plus grand enracinement dans le pays où elle se situe, tout en maintenant l'union avec l'Orthodoxie universelle. Les orthodoxes, divers et en même temps profondément liés par l'unité de la foi et des sacrements, devront développer leur collaboration et renforcer leur témoignage commun, sans oublier qu'ils se trouvent, en Belgique ou plus généralement en Europe occidentale, sur de vieilles terres chrétiennes. Prenant conscience, avec les autres chrétiens, des réalités du monde contemporain, ils seront appelés à porter ensemble la responsabilité commune pour le témoignage de l'Evangile.

année 2003



[1] Version mise à jour de notre étude “L’Eglise orthodoxe en Belgique. Hier, aujourd’hui, demain, Le Messager orthodoxe, n°138 (I), Paris, 2003, pp. 68-83.

[2] Archiprêtre Ignace PECKSTADT, “Quelques aspects de l’Orthodoxie en Europe occidentale”, Actes du Colloque sur l’Orthodoxie dans le monde, 27-28 février 1984, Paris, éd. du Comité orthodoxe des amitiés françaises dans le monde, 1985, pp. 13-14 ; voir aussi J.-C. ROBERTI, Etre orthodoxe en France aujourd'hui, Hachette Littératures, Paris, 1998, p. 18.

[3] Nous n'envisageons ici, que l'Eglise chrétienne orthodoxe au sens contemporain du terme, soit, selon le Conseil d'Etat, "l'ensemble des communautés partageant de façon cohérente des dogmes et des liturgies de filiation byzantine, organisées en églises nationales autocéphales réunies en synode sous la présidence honorifique du patriarcat de Constantinople" et qui, en Belgique, "s'étaient fait connaître et avaient recherché les bénéfices de la reconnaissance légale" (C.E., 12 janvier 1994, n°45.652). Nous n'évoquerons donc pas la période de l'Eglise indivise du premier millénaire chrétien, ni les autres communautés qui – à tort ou à raison – se qualifient d' "orthodoxes".

[4] Archiprêtre Alexis MALTSEV, Ïðàâîñëàâíûå Öåðêâè è Ðóññêèå Ó÷ðåæäåíèÿ âíå Ðîññèè,  Berlin, éd. de la Confrérie St. Vladimir, 1905.

[5] La maison fut achetée en 1887.

[6] Archiprêtre Pavel NEDOSSEKINE, Ñâÿòî-Íèêîëüñêèé Coáîð Ðóññêîé Ïðàâîñëàâíîé Öåðêâè â Áðþññåëå,  Bruxelles, éd. de l'église St Nicolas, 2e éd, 1999, p. 8.

[7] Y. PECKSTADT, “Korte historische schets van een permanente orthodoxe aanwezigheid in België”, De Orthodoxe Kerk in België, Jaarboek 1987-1988, Gand, éd. Apostel Andreas, 1987.

[8] Paroisse des Archanges à Ixelles, "Histoire de notre paroisse", site-web www.enoria.be.

[9] 8.000 environ, selon les estimations les plus fiables.

[10] Voir A. GUEDROITZ, "Russische emigranten in België in het Interbellum", in E. WAEGEMANS (red.), Het land van de blauwe vogel. Russen in België, Dedalus, Anvers, 1991, pp. 111-127 et J. WENER, L’émigration russe blanche en Belgique durant l’entre-deux guerres, mémoire de licence en histoire – UCL, Louvain-la-neuve, 1993.

[11] J. BESSE, "La paroisse dans l'émigration russe en France", Le Messager orthodoxe, n°109 (III), 1998, pp. 3-15.

[12]  M. DRACHOUSSOFF, Ê ñòîëåòèþ Õðàìà Ñâÿòèòåëÿ Íèêîëàÿ ×óäîòâîðöà â Áðþcñåëå. Êðàòêèé îáçîð öåðêîâíîé æèçíè c 1923 ïî 1962 ã ., Bruxelles, dact., 1962.

[13] N. TAMIGNEAUX, Le cardinal Mercier et l’aide belge aux Russes, mémoire de licence en histoire – UCL, Louvain-la-neuve, 1987 ; N. BIELIAVSKY, "Le cardinal Mercier et l’émigration russe en Belgique", Irénikon. Revue des Moines de Chevetogne, t. LXXVI, 2e trimestre 2003, pp. 179-198.

[14] V. RONIN, "Öåðêîâíàÿ æèçíü â ðóññêîì Aòâåðïåíå (1920-1960)", Slavica Gandensia, n°26, Gand, RUG, 1999, pp. 117-160.

[15] Voir le site-web de la paroisse : www.podvorje.com/charleroi

[16] E. EMOND, Les émigrés russes à Namur, 1923-1940, mémoire de licence en histoire – UCL, Louvain-la-neuve, 1987. L’orphelinat de Namur, organisé par Mme Kouzmina-Karavaïeva, fut ensuite transféré à Liège, puis à Bruxelles, où il s’installa définitivement rue de la Tourelle (et la chapelle à la rue Demot).

[17] Pierre Izvolsky (1863-1928) fut notamment Haut-procureur du St Synode en 1906-1909.

[18] Comte S. SOLLOGOUB (réd.), Ðóññêaÿ Ïðàâîñëàâíaÿ Öåðêoâü Çàãðàíèöåé, 1918-1968, New York, éd. Russian Ecclesiastical Mission , 1968.

[19] A la rue Veydt, à la rue de Livourne, puis à la rue Spaak (toujours à Ixelles).

[20] Le tsar Nicolas était en effet né un 6 mai, jour de la St Job (ancien calendrier). Toute sa vie, l’empereur a particulièrement vénéré ce personnage biblique, dans les malheurs duquel il pressentait la préfiguration de son propre destin.

[21] Evêque à Shanghai (Chine), puis à Bruxelles (1950-1962), enfin à San-Francisco (U.S.A), Mgr Jean (1896-1966) était doué de dons spirituels évidents, alliés à un non-conformisme exacerbé. Il fut canonisé par l’Eglise russe hors-frontières en 1994.

[22] Et d'une troisième à Liège, dont l'existence fut de courte durée.

[23] Métropolite EULOGE, Ïóòü ìîåé æèçíè. Âîñïîìèíàíèÿ, Paris, Ymca-Press, 1947, p. 427.

[24] Alexandre Némolovsky (1880-1960) avait été prêtre, puis évêque aux Etats-Unis, où il avait même brièvement dirigé le diocèse russe (1919-1921).

[25] Arrêté royal du 5 juin 1937 portant fondation de l’établissement d’utilité publique Archevêché de l’Eglise orthodoxe russe en Belgique, Moniteur Belge du 14 juin 1937, pp. 3771-3773.

[26] Voir W. COUDENYS, Leven voor de Tsaar. Russische ballingen, samenzweerders en collaborateurs in België, Leuven, Davidsfonds, 2004.

[27] Higoumène GABRIEL (De Vylder), “La paroisse orthodoxe russe à Liège”, Messager diocésain, n° 6, Paris, janvier 1997, pp.8-10 ; Voir aussi N. SMIRNOVA, Eglises et cimetières russes remarquables, Paris, 1999, Archevêché des Eglises Orthodoxes russes en Europe Occidentale, pp. 112-118 et Père Guy FONTAINE (dir.), Mélanges pour un cinquantenaire (à l’occasion du 50e anniversaire de la paroisse orthodoxe russe de Liège), Liège, 2003.

[28] Serge MODEL, Histoire de l’Archevêché orthodoxe russe de Bruxelles et de Belgique, éd. de la Paroisse orthodoxe de la Protection de la Ste Vierge, Bruxelles, 1996.

[29] Voir e.a. S. KANAKIS, L’immigration grecque dans les bassins charbonniers de la Belgique et du nord de la France de 1945 jusqu’à aujourd’hui, mémoire de maîtrise d’histoire – université de Lille III, Lille, 1983.

[30] Environ 20.000, selon certaines estimations.

[31] Serge MODEL, “Les Eglises orthodoxes locales : L’Eglise orthodoxe en Belgique”, ACER-Tribune, n°8, Paris, juin 1986, pp. 55-64.

[32] A cette date, Mgr. Emilianos fut en effet nommé métropolite de l'île grecque de Cos, qu'il dessert jusqu'à ce jour.

[33] Un an avant sa mort, à l'occasion de ses cinquante ans d'épiscopat (1909-1959), Mgr Alexandre avait reçu du patriarcat de Moscou le titre de métropolite.

[34] Outre ses ouvrages (dont notamment ses études magistrales sur Grégoire Palamas et Syméon le Nouveau théologien, devenus des "classiques" de la théologie orthodoxe), Mgr Basile (1900-1985) fut l'auteur d'innombrables articles (dont beaucoup publiés dans le Messager de l’Exarchat du Patriarcat de Moscou en Europe occidentale), et des multiples interventions lors de congrès internationaux de théologie, patrologie ou byzantinologie. Voir e.a. Serge MODEL, "Un évêque russe en Belgique : Mgr Basile Krivochéine (1900-1985)", Revue de la Fondation pour la préservation du patrimoine russe en Belgique, n°2, Bruxelles, décembre 2004 (à paraître).

[35]  On avait déjà tenté de créer une paroisse francophone à Bruxelles vers 1935. Desservie par un prêtre belge à la personnalité douteuse, le père Jean Frank-Duquesne, cette première paroisse en langue locale disparut dans les événements de 1940.

[36] “A l’occasion de la dédicace de la nouvelle église de la Ste Trinité et des SS Côme et Damien à Bruxelles”, Bulletin de la Communauté orthodoxe de la Ste Trinité, n°11 bis, Bruxelles, 1982.

[37] Sur le père Ignace et plus généralement sur les paroisses en langues locales, voir Archimandrite ATHENAGORAS (Peckstadt), Découvrir et vivre l'Orthodoxie en Belgique. Le cheminement de l'Archiprêtre Ignace Peckstadt vers l'Eglise orthodoxe, Bruges, éd. Apostel Andreas, 2001.

[38] Rapport de la visite de S.S. le patriarche œcuménique Bartholomée au Bénélux, Gand, éd.  Apostel Andreas, 1995.

[39] Higoumène ATHANASE (Cabirou), Un aperçu de l’Eglise orthodoxe, éd. de la Paroisse orthodoxe de la Protection de la Ste Vierge, Bruxelles, 1998.

[40] Nous renvoyons ici à l'origine ethnique des membres de la communauté, non à leur nationalité civile.

[41] Pour les adresses et autres renseignements pratiques : L’Eglise orthodoxe en Belgique, Annuaire (annuel), Gand, éd. Apostel Andreas, édité dans les deux langues nationales.

[42] Auxquels il faut ajouter les évêques représentants, auprès des institutions européennes, le patriarcat de Moscou (Mgr Hilarion Alfeyev, de Vienne) et l’Eglise de Grèce (Mgr Athanase Chatzopoulos, résidant à Bruxelles. Voir le site-web : www.regue.org).

[43] Dont une chapelle à l'aéroport international de Bruxelles.

[44] Patriarcat œcuménique, Ste Métropole de Belgique, Calendrier 1999 (en grec), Bruxelles, 1999. Voir aussi les sites-web www.eglise-orthodoxe.be et www.grieksegids.nl/kerkfotos/adressen.htm

[45] La réglementation relative au culte orthodoxe (infra) précise en effet que les relations de l'Eglise avec les autorités civiles doivent être assurées par un organe représentatif de l'ensemble de l'Eglise orthodoxe, qui est "le métropolite-archevêque du Patriarcat Œcuménique de Constantinople ou son remplaçant".

[46] Par exemple, les diplomates accrédités auprès de la Belgique ou des institutions européennes, ou les militaires de l'OTAN.

[47] Et ce, comme dans d'autres pays européens : J.-C. ROBERTI, op. cit., p. 38.

[48] Voir le site-web de la paroisse : http://heilige-amandus.netfirms.com

[49] Voir le site-web de la paroisse : http://users.skynet.be/orthodoxie.brugge

[50] Dont une chapelle pour les étudiants de l’Université de Louvain (Louvain-la-Neuve). Voir le site-web de l’archevêché : www.archiepiskopia.be

[51] Voir le site-web : www.orthodox.be

[52] Voir le site-web de l’église : www.podvorje.com

[53] Voir le site-web de la Représentation : www.orthodoxeurope.org

[54] "Paris : décès de l’archevêque Serge", SOP n°278, Paris, février 2003, p. 2 et Evêque GABRIEL de Comane, "In memoriam Archevêque Serge (Konovaloff), 1941-2003, Messager diocésain, n°16, Paris, juin 2003, pp. 11-12.

[55] Voir le Messager diocésain, Paris, trimestriel.

[56] "Nouvel évêque auxiliaire, Messager diocésain, n°14, Paris, janvier 2002, p. 4. "Paris : élection du successeur de l’archevêque Serge", SOP n°278, Paris, mai 2003, pp. 4-6.

[57] Il ne nous appartient pas de discuter des controverses liées à la récente scission au sein de l'Eglise russe hors-frontières. Légalement en tout cas, les deux paroisses de cette juridiction en Belgique relèvent de l'obédience du nouveau primat de celle-ci, le métropolite Laur (Shkurla) et de son représentant pour la Belgique, l'évêque Agapit (Gorachenko) de Stuttgart.

[58] Plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de personnes, selon les estimations.

[59] Pour le pour le diocèse serbe, voir le site-web : www.egliseorthodoxeserbe.org/fr, pour le diocèse roumain, le site-web : www.mitropolia-paris.ro, et pour le diocèse bulgare, le site-web : www.rilaeu.com

[61] Contrairement à d'autres pays occidentaux, comme la France par exemple, il n'y a pas formellement d'organe "interépiscopal" orthodoxe en Belgique.

[62] Contacts, n°125, Paris, 1985.

[63] Vivre en Eglise la communion avec l’autre. Rapport du 8e Congrès orthodoxe en Europe occidentale, Gand, éd. Apostel Andreas, 1994.

[64]  Comme par exemple le bulletin Diakonia (site-web : www.diakonia.be), ou les livres de la maison d’édition Axios.

[65] Peut-être, faut-il également, avec le père Jean Roberti, reconnaître que cette "rareté" des orthodoxes dans le domaine œcuménique serait en partie due au "peu d'intérêt pour ce type de dialogue parmi les fidèles."  (J.-C. ROBERTI, op. cit., p. 198).

[66] Voir notamment A. LAMBRECHTS, “Les contacts entre l’Eglise orthodoxe russe et le Monastère d’Amay-Chevetogne, 1926-2003”, Irénikon. Revue des Moines de Chevetogne, t. LXXVI, 2e trimestre 2003, pp. 199-217.

[67]  Loi du 17 avril 1985 portant reconnaissance des administrations chargées de la gestion du temporel du culte orthodoxe, Moniteur Belge, 11 mai 1985.

[68] Arrêté royal du 15 mars 1988 portant organisation des conseils de fabrique d’église du culte orthodoxe, Moniteur Belge, 31 mars 1988 ; Arrêté royal du 31 août 1988 portant reconnaissance des paroisses du culte orthodoxe, Moniteur Belge, 31 août 1988.

[69] G. LAHOU, “Libres propos : la reconnaissance du culte orthodoxe en Belgique”, Bulletin de la Communauté orthodoxe de la Ste Trinité, Bruxelles, juin-juillet 1988 et novembre-décembre 1988. Voir aussi La Revue Politique, n°4-5, Bruxelles, Cepess, 1999 ; C. SAGESSER et V. DE COOREBYTTER, Cultes et laïcité en Belgique, Dossiers du Crisp, n°51, Bruxelles, 2000 ; J.-F. HUSSON, Le financement public des cultes, de la laïcité et des cours philosophiques, Courrier hebdomadaire du Crisp, n°1703-1704, Bruxelles, 2000.

[70] Pour les futurs enseignants, une formation a été créée par le père Dominique Verbeke, en lien avec l'Institut de théologie orthodoxe saint Serge de Paris. Voir le site-web www.orthodoxie.be